Nicolas Croce

J'apprends La Photographie

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Simple, Clair et sans langage technique.

Par Nicolas Croce : photographe et auteur du best-seller
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Comment trier et partager rapidement vos photos avec vos proches (ou sur Instagram) : le système complet que j’utilise chaque jour

Comment trier et partager rapidement vos photos avec vos proches (ou sur Instagram) : le système complet que j’utilise chaque jour

Ce matin, Erwan, un membre du programme Premium, a posé une question sur l’espace de discussion du groupe :

Je suis actuellement en vacances avec des amis et je profite de ce moment pour mettre en pratique tes conseils de cadrage. Je m’éclate mais seulement voilà, mes amis me disent : encore des photos que l’on ne verra jamais… Comment faites vous pour trier rapidement et partager rapidement vos photos ?

Je me suis dit que cette question pourrait intéresser pas mal d’entre vous alors, plutôt que d’y répondre sur le forum privé, j’y réponds sur le blog.

J’ai moi aussi été confronté à ce problème avec les membres de ma famille : mes parents se plaignaient de ne pas avoir assez de photos de leurs petits enfants. Soit je ne pensais pas à les leur envoyer, soit je le faisais mais longtemps après.

La solution à ce problème a été de créer un système simple et automatisé pour gérer cela à ma place.

Je vais vous expliquer ce que j’ai mis en place et comment utiliser le même système chez vous.

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Je l’utilise également pour publier automatiquement mes photos sur Instagram : 3 minutes de travail par semaine me suffisent à publier automatiquement une photo par jour sur mon compte — sans même avoir besoin d’installer l’application Instagram sur mon smartphone, ce qui m’évite d’être distrait et de perdre du temps.

Définir la cause du problème

Lorsque j’ai voulu résoudre ce problème de partage, la première étape a été de trouver et définir la cause exacte du problème.

Dans mon cas, c’était la complexité et le manque d’organisation.

Lorsque je rentrais d’une journée passée avec les enfants, j’avais souvent des dizaines voire des centaines de photos. Il me fallait les trier, les retoucher, les sélectionner, les exporter, les regrouper dans un email que j’envoyais à mes proches.

Avant même d’attaquer cette tâche, j’étais démoralisé. Alors j’évitais de la faire et les photos en attente de traitement s’accumulaient sur mon ordinateur.

Créer un système pour simplifier et automatiser le process

Plus un process est long et compliqué, moins vous aurez envie de le faire.

Dans mon cas, il y avait tellement d’étapes à suivre pour envoyer une simple photos à mes parents que j’évitais de le faire. Je ne savais même pas par ou commencer.

Quand je m’en suis aperçu, j’ai compris qu’il fallait que je mette en place un système plus simple.

Plutôt que d’être confronté au même problème encore et encore, mieux vaut prendre le temps de réfléchir, résoudre le problème et mettre en place un système pour qu’il ne se reproduise plus jamais (c’est d’ailleurs sur ce principe que repose le fonctionnement de mon Journal Idéal).

Le principe du système mis en place

Pour trier, retoucher, organiser et publier mes photos, je n’utilise qu’un seul logiciel : Lightroom. Je ne veux pas utiliser d’autres logiciels car cela compliquerai mon flux de travail.

Première chose à faire : définir une procédure pour importer, sélectionner, retoucher et exporter/publier mes photos.

Cette procédure doit être aussi simple que possible.

Il me faut du temps pour y réfléchir et la mettre en place mais, une fois qu’elle fonctionne, elle me fait gagner du temps à chaque nouvelle itération.

J’investis du temps pour en gagner dans le futur.

Dans la pratique, je prends quelques minutes pour réfléchir à un flux de travail, je le mets en place, je le teste puis je l’améliore petit à petit — en essayant de l’automatiser et de le simplifier autant que possible car, moins je travaille, mieux je me porte — jusqu’à ce qu’il soit efficace et résolve complètement mon problème.

Ensuite, je n’ai plus qu’à le respecter à chaque importation de mes photos, sans y réfléchir à nouveau.

Je sais que mon système se charge de tout : il me permet de rester organisé, d’accomplir efficacement le travail que j’ai à faire et me fait gagner du temps.

Le système pour trier et partager rapidement vos photos avec vos proches

Maintenant que vous avez compris l’intérêt de créer un système, voici les détails de celui que j’ai mis en place pour trier et partager rapidement mes photos avec ma famille.

(Note pour ceux d’entre vous qui ont lu mon livre Apprendre Lightroom Classic CC : vous allez voir que le flux de travail dont je vous parle aujourd’hui est légèrement différent de celui que je vous explique dans mon livre. C’est tout à fait normal : notre vie change, nos besoins changent et les systèmes que nous mettons en place doivent s’adapter pour le refléter et continuer à remplir leur role de manière optimale. Chacun de ces deux flux de travail fonctionnent parfaitement. Ils ont simplement des objectifs légèrement différents. N’hésitez pas à adapter et faire évoluer votre flux de travail en fonction de vos besoins. Ne copiez pas bêtement.)

Importation des photos

Dès que je rentre chez moi, je prends quelques minutes pour importer mes photos dans Lightroom.

J’ajoute un ou deux mots clés à mes photos — en général pour indiquer l’endroit où ces photos ont été prises.

Je coche la case « Ajouter à la collection » puis je choisis la collection que j’ai intitulée « 1 – Import ».

Je clique sur le bouton « Importer » et laisse faire Lightroom. Il travaille tout seul pendant que je fais autre chose. Pas la peine de perdre du temps à admirer l’importation de vos photos.

La collection « 1 – Import » est la première étape de mon flux de travail. Elle est précédée du « 1 » pour qu’elle s’affiche en premier dans l’arborescence de Lightroom.

Cette collection est synchronisée avec l’environnement Lightroom CC. Ainsi, au fur et à mesure que mes photos sont importées, elles sont synchronisées sur le cloud d’Adobe et apparaissent sur mon smartphone dans l’application Lightroom Mobile.

Après quelques minutes, je peux déjà montrer mes photos depuis mon smartphone à mes proches si je le veux.

Première sélection des photos

Lorsque je reviens à mon ordinateur — en général le soir, juste après avoir couché les enfants — je prends les photos dont je veux m’occuper et les déplace dans la collection « 2 – En cours ». Je supprime ensuite ces photos de la collection « 1 – Import ». Cette étape est optionnelle mais elle me permet de travailler sur un groupe précis de photos sans être gêné par d’autres qui seraient également en attente de traitement.

Je sélectionne la première photo de cette collection, je l’affiche en plein écran (touche F du clavier), et passe en revue toutes les photos que j’ai prises (flèche droite et gauche du clavier pour passer à la photo suivante / précédente).

Ce premier passage me permet juste de me remémorer mes photos. Je ne fais aucune sélection. Je les passe juste en revue.

Une fois ceci fait, je commence ma sélection :

  • Lorsque plusieurs photos se ressemblent (si j’ai pris plusieurs photos d’un même sujet pour travailler ma composition par exemple) je les sélectionne toutes et passe en « mode ensemble » (touche N du clavier). Je peux ainsi facilement les comparer.
  • Lorsqu’une photo m’intéresse, j’utilise la touche P pour la marquer comme retenue.
  • Si une photo ne m’intéresse pas, j’utilise la touche X pour la marquer comme rejetée.

Je passe rapidement en revue toutes mes photos, en alternant le mode grille (touche G du clavier), le mode ensemble (touche N) et le mode plein écran (touche F) et j’élimine (touche X) ou sélectionne (touche P) chaque photo.

Ce process ne me prends que quelques secondes par photo.

A la fin de cette première sélection, j’utilise le filtre de bibliothèque « Attribut > Marqueur > Photos rejetées seulement » pour n’afficher que les photos rejetées. Je sélectionne ces photos, puis clic droit > Supprimer de la collection.

Dans ma collection « 2 – En cours », je n’ai maintenant plus que les photos que je pense conserver.

Nous allons le voir par la suite, cette première sélection n’est pas définitive. S’il y a une photo sur laquelle j’hésite, ou si deux photos sont très proches et j’ai du mal à les départager, je les conserve pour l’instant.

Retouche et seconde sélection

C’est une estimation mais, si j’ai importé 100 photos dans Lightroom, il ne me reste maintenant plus que 10 à 20 photos dans ma collection « 2 – En cours ». Les autres photos sont soit ratées soit inintéressantes, je ne m’en occuperai donc plus.

Je prends maintenant les photos les unes après les autres, les passe dans le module Développement de Lightroom (Touche D de votre clavier) et retouche rapidement mes photos.

Je dis rapidement parce que je fais toujours en sorte de réussir au mieux mes photos sur le terrain et y passe le moins de temps possible sur Lightroom. En moyenne 1 à 2 minutes par photo. Parfois plus, mais c’est assez rare.

Pendant mes retouches, je peux m’apercevoir qu’une photo n’est finalement pas terrible. Dans ce cas, je la supprime simplement de la collection.

Qu’allez-vous faire de vos photos ?

Cette question est importante.

A ce stade, j’ai fait deux sélections rapides de mes photos. Cette sélection est suffisante si mon objectif est de partager mes photos avec ma famille et mes proches.

Pour vous donner un ordre de grandeur, je parle de 10 à 20 pour-cent de photos retenues.

Maintenant, si vous avez dans l’objectif de publier vos photos, de travailler sur un projet, de publier un livre, de présenter votre travail dans un portfolio, votre sélection (on parle de travail d’editing) devra être bien plus drastique.

Donc, si je veux simplement partager mes photos avec mes proches, mon editing s’arrête là et je leur partage les photos retenues.

Pour un travail plus important, je passe mes photos dans une collection intitulée « 3 – Incubation » et je leur attribue 1 étoile.

Je reviendrais ensuite plusieurs fois (quelques jours voir quelques semaines après) sur ces photos. A chaque fois que je ferrai un nouveau passage, j’attribuerai une étoile supplémentaire aux photos qui continuent à me plaire.

Le nombre d’étoiles représente en quelque sorte le nombre de passages que je fais sur les photos en incubation : première sélection, toutes les photos ont une étoile. Second passage, seules les photos qui me plaisent le plus passent à deux étoiles, les autres sortent de la collection d’incubation. Troisième passage, seules quelques photos passent à 3 étoiles, etc.

Lorsqu’une photo arrive à 5 étoiles, je l’imprime.

Je conserve mes photos imprimées jusqu’à obtenir une grosse collection et je fais à ce moment là une nouvelle sélection drastique (plusieurs mois après avoir imprimé mes photos).

Pour les ordres de grandeur :

  • Je prends 100 photos sur le terrain
  • J’en garde 10 à 20 lors de ma première sélection (que je partage avec mes proches)
  • J’en imprime une ou deux.
  • Lorsque j’ai 500 photos imprimées, je prends ces photos et je sélectionne les 50 meilleures environ.

En d’autres termes :

  • 50 photos dignes d’un portfolio représentent :
  • 500 photos imprimées.
  • 5 000 photos « de qualité familiale ».
  • 50 000 photos prises sur le terrain.

Cette méthode d’editing m’a été inspirée par Joel Meyerowitz. Elle est efficace, je peux vous l’assurer.

Partager automatiquement vos photos avec vos proches

Je referme la parenthèse editing pour revenir à nos moutons. Vous avez donc sélectionné et retouché quelques photos que vous voulez partager avec vos proches.

L’idée est donc maintenant de le faire en automatisant autant que possible ce process. Voici le système que j’ai mis en place pour gérer cela :

  • J’ai créé un compte Flickr puis configuré un album privé (pour que les photos que j’y publie ne soit pas visibles par le public).
  • Dans Lightroom, j’ai ajouté un service de publication vers Flickr et je l’ai configuré pour que les photos soient publiées dans l’album privé que j’ai créé à l’étape 1.
  • J’ai ensuite configuré Zapier (un service qui me permet d’automatiser pas mal de tâches) pour qu’il détecte les photos ajoutées à mon album Flickr, puis utilise mon compte Gmail pour les envoyer par email à mes parents.

Du coup, une fois tout ceci configuré, comment ça se passe ?

Depuis Lightroom, je fais glisser les photos que je veux partager avec mes parents dans le service de publication Flickr, je clique sur le bouton « Publier » et le reste se fait tout seul : mes photos sont publiées sur Flickr, détectées par Zapier puis envoyées par email à mes parents sans que je n’ai rien de plus à faire. Juste faire un glisser / déposer et cliquer sur un bouton. Simple et efficace.

J’utilise le même principe pour alimenter mon compte Instagram : les photos que je veux y publier passent par Flickr, Zapier, Buffer (qui me permet de planifier les publications à intervalles réguliers) puis Instagram. Je ne m’en occupe pas, tout se fait tout seul : une photo par jour est publiée sur mon compte Instagram sans que je n’ai à y passer plus de 3 minutes par semaine.

Dans le cas d’Erwan, comme les amis à qui il veut partager ses photos ne sont pas toujours les mêmes, le plus simple peut être de configurer un compte Flickr, d’y publier les photos depuis Lightroom et d’envoyer ensuite par email à ses amis un lien vers son compte Flickr pour qu’ils puissent découvrir les photos.

Conclusion

Vous l’aurez compris, un système simple (à utiliser, pas obligatoirement simple à mettre en place) et automatisé vous permettra de vaincre la procrastination et vous fera gagner du temps.

Inspirez-vous du système que j’utilise, mais n’hésitez pas à le modifier et à l’adapter à vos besoins.

Un système, c’est un peu de temps perdu lors de sa mise en place, mais beaucoup de temps gagné ensuite.

Si vous ne connaissez pas ou ne maitrisez pas bien Lightroom, mon livre Apprendre Lightroom Classic CC vous aidera à le prendre en main et découvrir toutes ses fonctionnalités.

Et si vous avez des questions ou parfois besoin d’un petit coup de main pour progresser, n’hésitez pas à rejoindre le Programme Premium. Vous serez entouré d’autres photographes qui apprennent et progressent comme vous et bénéficierez de conseils et de formations exclusives.

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